T,on passé te sert-il à justifier?

Je me souviens encore de ce jour où j’ai réalisé que si je n’étais décidément plus assez pauvre, plus assez déprimée, pas assez alcoolique, pas assez malheureuse, pas assez seule, je n’allais plus avoir beaucoup de manières de montrer à mes parents à quel point c’était de leur faute tout ça…

Et déjà qu’ils ne se rendaient pas compte d’à quel point j’avais souffert – oui, je crois que j’avais déjà commencé à les faire souffrir et du coup, c’était moi la cause de LEUR souffrance et mal-être – mais alors, si je n’avais plus aucun stigmate à leur montrer (et éventuellement à montrer au monde pour qu’il sache), cela voulait dire que je renonçais à leur prouver, que je renonçais à tout besoin de reconnaissance de la souffrance…

Etait-ce cela devenir “adulte de la conscience”? 

C’était , quelque part, renoncer au rôle de victime… Euhhhh… je crois que je l’ai fait!

J’adore!!!!

Oui, j’entends déjà d’ici les “Oui, mais si tu as réussi à la faire, c’est que ce n’était pas si grave et si important…” “Oui, mais si tu avais eu le passé que j’ai eu, tu n’aurais pas fait cela aussi facilement…”

Un peu comme si quelqu’un me disait “Oui, mais avec les viols que j’ai vécus, c’est fini, je ne peux plus connaître l’orgasme…”

Ahhh oui? Ok! Peut-être! Ta situation à toi est compliquée… Les solutions qui ont marché pour d’autres ne marcheront pas pour toi…  Elles ne marcheront pas pour toi tant que tu resteras attaché(e) à l’idée que c’est quelqu’un à l’extérieur de toi qui pourra t’apporter la reconnaissance du traumatisme, de la douleur, de la souffrance, de l’intensité… Quelqu’un qui reconnaîtra, qui peut-être te demandera pardon… 

Mais, vérité, y-a-t-il une seule personne sur cette planète en dehors de toi qui peut connaître l’ampleur du désastre et des dégâts? Une seule personne qui ait la notion de ta sensibilité et de ce qui s’est passé pour toi? Même si tu racontes à une oreille qui se prête à écouter, es-tu sûr et certain que cette personne mesure, en vérité, ce que tu as vécu? 

Ou bien cette quête risque-t-elle de se révéler infinie? Cette quête de la reconnaissance? D’autant qu’elle peut être perverse quand il s’agit de la reconnaissance du statut de victime… 

Car, vérité, es-tu une victime dans cette histoire? Ou peut-il y avoir d’autres regards? Un regard par exemple qui reconnaîtrait que tu savais, et que tu as endossé le rôle avec bien plus de conscience que tu ne veux bien le laisser croire… Mais c’est peut-être trop tôt… Alors, en attendant, si tu le souhaites, ma proposition est que TU te donnes toute la reconnaissance, tout l’accueil, toute la bienveillance que tu sais mériter… Si tu le souhaites, ma voix peut t’accompagner…

 

Se donner de la reconnaissance (clique sur l'image Soundcloud et offre toi une dizaine de minutes)

par By Tekla

Et maintenant, quelle énergie as-tu envie d’être dans ce monde? 

As-tu envie d’être un peu plus de tristesse? De colère? De malheur? 

Oui as-tu envie d’être cette énergie de possibilités, de plaisir, de joie, d’aisance, de gloire même peut-être…

Quoi, tu pourrais choisir cela? Peu importe ton passé? Peu importent les souffrances, les échecs, les chutes, les batailles perdues? 

Vivre cette journée comme si tu étais né hier et n’avais jamais eu de passé (en tout cas, pas celui-ci, si douloureux…) et que de toutes les personnes que tu vas croiser sur ton chemin PERSONNE NE SAURA JAMAIS? Mais peut-être, qui sait, tu vas t’amuser?  Tu vas jouir et te réjouir et rougir peut-être de plaisir…

 

Ok, tu n’es pas obligé, tu n’es obligé de rien… tu as juste le choix….

Et, contrairement à l’illusion, tu n’es pas tout(e) seul(e)…

Si tu es prêt(e) pour la joie, il y aura du monde avec toi!

Magnifique journée à toi!